Parenté, confusion et études ADN : percer le mystère de la Roussanne
Longtemps, la généalogie exacte du cépage est restée un mystère. Les confusions sont fréquentes : on a pu l’assimiler à la Petite Roussette ou à d’autres variétés locales, ou la confondre avec certaines familles italiennes du Piémont. Ce n’est qu’avec le boom de la recherche génétique, au tournant des années 1990-2000, que l’on commence à distinguer clairement la Roussanne de la Marsanne, sa voisine du Rhône, souvent plantée à ses côtés dans les vignobles d’Hermitage et de Saint-Joseph (source : Vitis International Variety Catalogue, Desk Reference).
Les principales avancées sont à mettre au crédit des travaux de l’INRA et de Jean-Michel Boursiquot, qui démontrent :
- La Roussanne n’a pas de lien de parenté directe avec la Marsanne, contrairement à ce que la tradition orale affirmait.
- Elle forme une famille proche de quelques cépages blancs autochtones du sud-est, mais reste relativement isolée génétiquement.
Sa forte présence dans la Drôme et la Savoie s’explique donc moins par des échanges familiaux entre cépages que par un choix délibéré des hommes, cherchant à créer une identité vinique autour de sa sensualité aromatique.