Redécouvrir le Chignin-Bergeron : entre histoire et renaissance
Au pied des tours de Chignin, à la lisière méridionale de la Combe de Savoie, le Bergeron — nom local de la roussanne — avance depuis peu sur le devant de la scène viticole. Pourtant, il n’a pas toujours tenu ce rôle d’ambassadeur. Plongée dans l’identité d’un vin longtemps discret, qui incarne aujourd’hui l’élan de tout un territoire.
L’origine discrète d’un cépage d’exception
Malgré sa signature florale et sa générosité aromatique, le Chignin-Bergeron reste longtemps resté dans l’ombre des grandes appellations françaises. Son implantation sur les terres argilo-calcaires et pentues de Chignin remonte sans doute au XIXe siècle, époque où la Savoie est encore rattachée au royaume de Piémont-Sardaigne.
Officiellement reconnu dès 1973 avec l’accession des vins de Savoie à l’AOC, le Chignin-Bergeron se démarque alors de ses voisins Jacquère et Mondeuse par son profil solaire et sa capacité à exprimer la moindre nuance du terroir.
Réhabilitation progressive et reconnaissance actuelle
Dans les années 1980-1990, alors que les vins de Savoie peinent à sortir de leur réputation de « petits vins » de station ou d’apéritif, quelques vignerons visionnaires comme Gilles Berlioz ou André et Michel Quénard décident de travailler le Bergeron à maturité optimale, sur des rendements faibles, révélant son caractère généreux et sa complexité.
Aujourd’hui, près de 72 hectares de Chignin-Bergeron sont déclarés (source : Interprofession des Vins de Savoie, chiffres 2022), ce qui représente environ 15% de la surface totale de Chignin. Ce chiffre, en constante augmentation depuis 15 ans, traduit l’intérêt croissant qu’on lui porte, aussi bien au vignoble qu’auprès des prescripteurs et amateurs.